08 juin 2011

6 juin 1918

A la mémoire de

Henri Marius Didier né à Pierrelatte, Drôme, le 8 mars 1888, de Rémy Didier et Rose Renouard

Mort pour la France à Pourcy, Marne, le 6 juin 1918

Maurice Marcellin Rey né à Sonnay, Isère, le 11 janvier 1883 de Maurice Rey et Louise Blain

Mort pour la France à pourcy, Marne, le 6 juin 1918

 

JMO266

 

JMO44

Sources : Actes de décès, mairies de Pierrelatte et Sonnay - JMO 266ème RAC et 44ème batterie du 266ème RAC, Mémoire des Hommes, Ministère de la Défense



12 juin 2011

Jean Aout, un autre auvergnat au 158 RI

       Jean Antonin Août naît le 9 janvier 1895 dans les Monts du Cantal, à Saint Cirgues de Jordanne, hameau du Liaumiers, sur la route qui mène vers Mandailles et le Puy Mary.

Saint_Cirgues

     C'est à Lascelle, à un ou deux kilomètres de là, que sa famille émigre quelques années plus tard.

Lascelle

           Grand, les cheveux châtains foncés, un front bombé qui surplombe des yeux marrons,  Jean Août pourrait être le jumeau d'Urbain Cressent tant leurs destins s'évoquent l'un l'autre. Blanzac-Lascelle, une centaine de kilomètres à vol d'oiseau, c'est déjà beaucoup au début du siècle dernier, mais si peu vu du plateau de Lorette. Jean et Urbain, Urbain et Jean, deux jeunes paysans auvergnats, tous deux orphelins, l'un de père et l'autre de mère, lorsque vient le temps de servir sous les drapeaux, deux soldats au 158 RI. Jean est le troisième fils de Guillaume Août, domestique, et d'Agnès Prax. Après lui, vient une fille, Marguerite Marie, né en 1897, qui,après guerre épousera à Lascelle Pierre Gilbert.  Des trois frères Août recensés sur le registre des baptêmes de la mairie de Saint Cirgues de Jordanne, Jean Antonin, Jean Marie et Jacques, deux ne reviendront pas de la grande boucherie. Jean Antonin bien sûr. Jacques non plus. Jacques, soldat au 139 RI, disparu dans la tourmente de la bataille de Lorraine, le 25 août 1914.

  

MDHJacques_Aout

         Jean Août est cultivateur. Il ne sait pas écrire, ne compte guère mieux, tout au plus sait-il lire. Peut-être, comme beaucoup de petits montagnards d'Auvergne et d'ailleurs, ne fréquenta-t-il qu'épisodiquement l'école. Les enfants pauvres, bien souvent travaillaient dans des familles plus fortunées afin de ramener à la maison un peu de cet argent qui faisait cruellement défaut.  Sans doute ne parlait-il non plus guère le français, mais plutôt une forme d'occitan, celle de cette partie de l'Auvergne, mêlée d'un peu de languedocien, bref, sa langue. 

   Soldat de la classe 1915, il est appelé sous les drapeaux le 16 décembre 1914. Le lendemain il est au dépôt du 158 RI, où il commence sa période d'instruction. .Au dépôt, d'abord, puis au front où il parfait son instruction militaire et s'acclimate au feu avant de rejoindre la première ligne. L'instruction, ce sont les cours théoriques, les marches de jour, de nuit, avec ou sans équipement, le tir et des manoeuvres. Les nombreuses épidémies qui sévissent ici ou là : rougeole, etc... obligent parfois à ralentir la cadence afin de ne pas épuiser les hommes. Si tous les soldats de la classe 1915 ne rejoignent pas leur unité en même temps, les premiers appelés sont toutefois employés au front  dès le mois de juin, les derniers en décembre.  A dépôt du 50 RI de Périgueux, les départs massifs de soldats et sous-officiers vers le front, dans diverses unités ( 73 RI, 11 BCP, ...), se font essentiellement entre le 24 et le 30 mai.

  On peut penser ,sans certitude, que Jean Aout fait partie de ces soldats de mai-juin. Le 158 RI, décimé par les combats d'Artois,   a un  urgent besoin de troupes fraîches. Il faut combler les vides en vue des attaques à venir. Jean Août échappe probablement aux batailles du début d'été, tout au moins en première ligne.  La référence aux parcours de ses compagnons d'infortune laisse pense qu'il prend, en revanche,  bien sa place dans l'offensive du 25 septembre. Et le 18 octobre, alors que l'artillerie allemande pilonne les tranchées, que les baïonnettes luisent dans le bois en Hache, il est bien là.

MDHJean_Aout

Le 24 janvier 1922, 6 ans plus tard, on exhume le corps de Jean Antonin au bois en Hache. Initialement inhumée à la NN de Lorette, tombe n°11018, sa dépouille est rendue à sa famille après quelques mois, durant cette même année 1922 et c'est vraisemblablement à Lascelle ou Saint Cirgues qu'il repose désormais, dans la terre qui l'a vu naître.

 

Sources : JMO du 158 RI, PV d'exhumation-AD62 (cotes données précédemment), sfiche matricule AD 15, ervice des Sépultures de la Somme, registres d'état-civil des communes de Lascelle et saint-Cirgues de Jordanne, Roger Gau : Jean, classe 1915 ou lettres volées à l'oubli, Claude Duneton : Le Monument, Ed Balland

Merci à Patrick Corbon, qui m'a déniché l'introuvable témoignage concernant l'incorporation de la classe 1915 et son arrivée en Artois, Valérie Q pour sa première réponse sur le sujet, et Alain Chaupin, qui a su obtenir une réponse des servivces compétents concernant la restitution du corps de Jean Août

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